Le cinéma est un art du spectacle. Il expose au public un film,
c’est-à-dire une œuvre composée d’une suite d'images en mouvement projetées sur un support, généralement un écran blanc, et
accompagnées la plupart du temps d’une bande son. Depuis son invention, le cinéma est devenu à la fois un art populaire, un divertissement, une industrie et un média. Il peut aussi être utilisé à des
fins de propagande, de pédagogie ou de recherche scientifique. En français, on le désigne couramment
comme le « septième art », d'après l'expression du
critique Ricciotto Canudo dans les années 19201.
Un film est composé
d’une série d’images généralement projetées à la cadence de 24 images par seconde. C’est la
succession rapide de ces images, différant en moyenne peu les unes des autres,
qui, par illusion, fournit une image animée aux spectateurs, reproduisant notamment les
mouvements et trajectoires de la vie réelle. La persistance rétinienne, l’effet phi et les techniques de projection
cinématographique permettent à l’être
humain de voir cette série d’images discrètes en un continuum visuel.Le terme « cinéma » est l’apocope de « cinématographe » (du grec κίνημα / kínēma, « mouvement » et γράφειν / gráphein, « écrire »), nom donné par Léon Bouly en 1892 à l’appareil de projection dont il déposa le brevet. Ce mot polysémique peut donc désigner l’art, sa technique ou encore, par métonymie, la salle dans laquelle il est projeté. C’est notamment dans cette dernière acception que le terme est lui-même souvent abrégé dans le langage familier en « ciné » ou « cinoche ».
Si les films sont des objets culturels issus d’une culture spécifique dont ils sont le reflet, leur diffusion est potentiellement universelle grâce au développement de techniques qui ont permis un rayonnement mondial des films, par le sous-titrage ou le doublage des dialogues, ainsi que par leur mise à disposition dans des formats domestiques (cassettes, DVD, Internet, etc.). Ils sont susceptibles aussi de devenir de purs produits commerciaux, au sens où les sommes drainées par cette industrie peuvent être colossales, malgré les coûts de production, eu égard au nombre potentiellement important de spectateurs payants.
Cinéma : un terme
polysémique
La diversité des films
produits, la liberté de création, et la variété des genres font du cinéma un terme
difficile à définir2. Il était auparavant vu comme un principe de création à
partir d’une histoire et d’images mises en mouvement3. Cependant, avec son développement, des films
non-narratifs, des documentaires-fiction, ou des œuvres
expérimentales telles que Koyaanisqatsi donnent au terme de cinéma
un sens différent. De même, des films sans mouvement apparent ont été tournés,
composés seulement de photographies (comme La Jetée de Chris Marker), ou encore des films sans son ou
sans image rendent sa définition floue4,5.
Par cinéma, on
peut entendre la salle ou le bâtiment où les films sont diffusés. Nommé
« septième art », le cinéma peut être considéré comme un
divertissement, ou comme un art6.
On entend aussi par cinéma
la projection d’images, qu’elles paraissent animées ou non, sur un écran et, en spectacle, de manière publique. En cela, il se
distingue d’autres médias audiovisuels comme la télévision ou Internet, dont les usages sont typiquement domestiques. Afin de
garantir une certaine qualité visuelle nécessaire à la projection publique sur
écran, des critères techniques normatifs ont été définis et les salles commerciales se doivent de les respecter (en France, ils
sont définis par la CST). Ces critères limitent les techniques de production et
de projection. Ainsi, tout document filmé n’est pas du cinéma. Mais
l’apparition des home cinema tend à rendre encore plus floue
cette différence.
Le terme cinéma peut
aussi définir l’art et la manière de réaliser des prises de vues, généralement alliées
au son. On peut illustrer cet acception par l’expression
populaire « faire du cinéma ».
D’autre part, le terme
de cinéma peut s’appliquer à un ensemble d’œuvres cinématographiques ayant un
point commun7. Généralement, le mot est donc complété par un déterminant qui indique un genre (par exemple le cinéma d’horreur), une origine géographique ou
culturelle (le cinéma
australien), une école (le cinéma néo-réaliste) ou encore une
technique (le cinéma muet).
Enfin, le mot cinéma
permet également de parler de façon générale de l’ensemble des activités liées
au cinéma8. C’est par exemple le sens que peut prendre le terme
dans les expressions « histoire du
cinéma », « métiers du
cinéma » ou
« actualité du cinéma ».
Histoire
Le cinéma est né
progressivement dans la seconde moitié du XIXe siècle9, avec le développement de la photographie. Personne n’a jamais pu indiquer
précisément une « date de naissance » du cinéma car il s'agit plus
d'une accumulation d'expérimentations et d'avancées que d'une invention.
Certains ont toutefois attribué l'invention du cinéma aux frères Lumière, concepteurs du cinématographe en 1895. Pourtant, avant cette date, des pionniers comme Eadweard Muybridge, Louis Aimé Augustin Le
Prince, Thomas Edison, ou Émile Reynaud avaient déjà innové dans le domaine
de l’image animée. Depuis cette période, il a évolué et, de la prise de vues à
la projection, les techniques se sont perfectionnées. On remarque plusieurs
grandes étapes, comme le précinéma, le cinéma muet ou l’apparition de la couleur, mais la chronologie n’a été linéaire qu’en apparence et ces évolutions se
font de manière progressive et enchevêtrée.
Mouvements et écoles
Un mouvement au
cinéma peut être entendu comme
une manière de ressentir l’œuvre. Heinrich
Wölfflin les appela initialement
« bouleversements du sentiment décoratif69 ». Gilles Deleuze a remarqué, dans son livre L’Image
mouvement, que les mouvements cinématographiques marchaient de pair avec
les mouvements en peinture70. Le cinéma classique visait à rendre claire la relation
entre l’action et la réaction, mais de nouveaux mouvements naquirent.
Au début des années 1920, l’expressionnisme, en peinture, déforme les lignes et
les couleurs pour affirmer un sentiment71. Au cinéma, il s’exprimera principalement par un jeu
typé des acteurs et par l’opposition de l’ombre et de la lumière72. L’expressionnisme confronte ainsi le bien
et le mal, comme dans Le Cabinet du
docteur Caligari, de Robert Wiene, l’un des premiers films expressionnistes73. Ce mouvement s’est développé en Allemagne, ce pays qui se remettait peu à peu de la guerre, mais
ne réussissait pas à rivaliser avec le cinéma
hollywoodien74. C’est alors que les réalisateurs du studio allemand Universum Film AG développent une méthode
pour compenser ce manque, via le symbolisme et la mise en scène. Le
côté abstrait des décors provenait donc, en premier lieu, du manque de moyens74. Les principaux thèmes de ce mouvement était la folie,
la trahison et autres sujets spirituels, se différenciant ainsi du style
romanesque-aventure du cinéma américain75. Cependant, l’expressionnisme disparut progressivement75, mais il fut utilisé dans les films policiers des années 1940 et influença le film noir et le cinéma d’horreur72.
Vient alors l’abstraction
lyrique, qui, à la différence de
l’expressionnisme, mélange lumière et blanc76. Il n’y a plus de conflit, mais la proposition d’une
alternative77. Cette alternative se présente différemment chez les
cinéastes, elle est esthétique et passionnelle chez Josef von
Sternberg et Douglas Sirk, éthique chez Carl Theodor
Dreyer et Philippe Garrel, religieuse chez Robert Bresson, ou un mélange de toutes ces formes
comme dans l’œuvre d’Ingmar Bergman78. Dans l’abstraction lyrique, le monde se déploie souvent
à partir d’un visage78. S’ensuit alors un jeu de lumière mettant en valeur les
traits, ou conduisant dans un univers personnel. Dans Shanghai Gesture, Sternberg dit :
« tout peut arriver à n’importe quel moment. Tout est possible. L’affect
est fait de ces deux éléments : la ferme qualification d’un espace blanc
mais aussi l’intense potentialité de ce qui va s’y passer79 ».
Dans les années 1950, le cinéma moderne désenchaîne l’image de l’action. Il
est né de la désarticulation des choses et des corps, après la guerre80. Il s’oppose aux traditions auparavant établies. Le
cinéma moderne préfère la vision cinématographique : l’image n’est plus
forcée de trouver son sens et son but, elle est libre. Dans L’Heure du loup, d’Ingmar Bergman, Johan Borg, joué par Max von Sydow, dit : « maintenant le
miroir est brisé, il est temps que les morceaux se mettent à réfléchir81 ». Le cinéma moderne brise la représentation
classique de l’espace, une nouvelle idée de la forme naît.
Dans le même temps, de 1943 à 1955, le néoréalisme prend forme en Italie82. Il se présente comme le quotidien en l’état, il se voit
comme un milieu entre scénario et réalité. Les films de ce mouvement sont donc souvent des documentaires83. Ce sont des personnes dans la rue qui sont filmées,
plus des acteurs83. Ce mouvement est né aussi de la conclusion de la Seconde Guerre
mondiale et du manque de moyen
de financement84. Ici, le réalisateur ne porte plus son attention sur la personne, mais sur
l’ensemble : l’individu ne peut pas exister sans son environnement83. De plus, plutôt que de montrer quelque chose, on
préfère la narrer. Selon André Bazin, le néoréalisme ressemble à une forme
de libération, celle du peuple italien après la période fasciste85. D’un autre côté, Gilles Deleuze voit le néoréalisme comme une
démarcation de l’image-mouvement et de l’image-temps.
Toujours dans les années 1950, est ensuite apparue la Nouvelle Vague, terme énoncé la première fois dans
L'Express par Françoise Giroud86. Ce mouvement se distingua des précédents par une
vitalité qui déclencha un renouveau du cinéma français87. La Nouvelle Vague cherche à inscrire le lyrisme dans le quotidien et refuse la beauté de l’image88. Avec la Nouvelle Vague, les nouvelles technologies
permettent une nouvelle manière de produire et de tourner un film :
l’arrivée de la caméra Éclair 16 utilisant le format 16 mm, légère et silencieuse, permet des
tournages en extérieur plus proche du réel89. La rupture entre le cinéma tourné en studio et le
cinéma tourné en extérieur est notamment mise en valeur dans La Nuit
américaine de François
Truffaut, filmé en 1973. Le mouvement de la Nouvelle Vague déclenche aussi la
transgression de certaines conventions comme la continuité, par exemple dans À bout de
souffle de Jean-Luc Godard, ou encore le regard caméra, si longtemps interdit. Dans cette
optique, les cinéastes visaient à mettre en valeur la réalité : les
souvenirs surgissent entrecoupés, jamais de façon nette et ordonnée.
Puis un nouveau
mouvement apparaît : la résistance des corps. Ce qui change, en
comparaison avec les mouvements précédents, c’est la prise de vues du corps, qui est filmé
avant sa mise en action, et comme un corps qui résiste90. Le corps, ici, n’est plus un obstacle qui séparait
auparavant la pensée d’elle-même, au contraire, c’est ce dans quoi elle va
pour atteindre la vie91. En quelques sortes, le corps ne pense pas, il force à
penser, à réagir face à la vie. Gilles Deleuze déclarera :
« Nous ne savons
même pas ce que peut un corps : dans son sommeil, dans son ivresse, dans
ses efforts et ses résistances. Le corps n’est jamais au présent, il contient
l’avant et l’après, la fatigue, l’attente. La fatigue, l’attente, même le
désespoir sont des attitudes du corps90. »
La résistance des corps
est remarquable dans l’œuvre de John Cassavetes où la caméra est toujours en mouvement, parallèle aux gestes des
acteurs. À travers l’image, le spectateur cherche les visages, les corps dans de longues séquences. De même, le rythme n’est plus égal à la capacité visuelle du spectateur. Il
répond, comme dans l’art informel, à la constitution d’un espace du
toucher, plus que de la vue90. Dans le cinéma de Maurice Pialat, qui filme à vif un homme et
cherche à montrer l’essentiel, dépourvu de tout esthétique, pour y exhiber la vérité intime de son personnage, il
dira « le cinéma c’est la vérité du moment où l’on tourne »92. Par contre, le dialogue reste omniprésent dans la résistance des corps, toujours
moyen d’expression important dans le film90. Cependant, il n’explique pas les sentiments des
personnages, il fait avancer l’action, mais pas l’évolution des personnages
dans cette action91. Au début des années 1980, avec Maria Koleva est introduit le concept de
film-livre.
Dans les années 1990, les Danois Lars von Trier et Thomas Vinterberg lancent le Dogme95, en réaction aux superproductions et à l’utilisation
abusive d’effets spéciaux aboutissant, selon eux, à des films
formatés et impersonnels93. Via un manifeste, ils définissent des contraintes pour la réalisation de
films dans le cadre de ce mouvement radical.
Théories du cinéma
Les théoriciens du
cinéma ont cherché à développer des concepts et à étudier le cinéma comme un art108. Issu de la technique moderne tout en étant l’un des
symptômes et causes de cette modernité, ses principes, comme la technique, le montage, ou la prise de vues, ont bouleversé les
modes de représentation dans les arts figuratifs et la littérature109. Pour se former et se comprendre en tant qu’art, le
cinéma a eu besoin de théories.
Dans Matière et
mémoire, en 1896, le philosophe français Henri Bergson anticipe le développement de la
théorie à une époque où le cinéma venait juste d’apparaître comme visionnaire109. Il s’exprime aussi sur le besoin de réfléchir sur
l’idée de mouvement, et invente donc les termes « image-mouvement »
et « image-temps »109. Cependant en 1907, dans son essai L’Illusion
cinématographique, tiré de L'Évolution
créatrice, il rejette le cinéma
en tant qu’exemple de ce qu’il a à l’esprit. Néanmoins, bien plus tard, dans Cinéma
I et Cinéma II, le philosophe Gilles Deleuze prend Matière et
mémoire comme base de sa propre
philosophie du cinéma et réexamine les concepts de Bergson en les joignant à la
sémiotique de Charles Peirce.
C’est en 1911 dans The Birth of the Sixth Art que Ricciotto Canudo esquisse les premières théories110,111, se dressant alors dans l’ère du silence et
s’attachant principalement à définir des éléments cruciaux112. Les travaux et innovations des réalisateurs drainèrent
davantage de réflexions. Louis Delluc, avec l’idée de photogénie, Germaine Dulac et Jean Epstein, qui voient dans le cinéma à la
fois un moyen de dépassement et de réunion du corps et de l’esprit, sont les
principaux acteurs d’une avant-garde française, suivie de près par les théories
allemandes qui, influencées par l’expressionnisme, se tournent davantage vers
l’image. On remarque en parallèle la Gestalt, qui naît entre le XIXe siècle et le XXe siècle sous l’égide de Ernst Mach113.
Du côté soviétique, les
théoriciens-cinéastes tiennent le montage pour l’essence du cinéma109. Le thème privilégié de Sergueï
Eisenstein sera la création sous
tous ses aspects, soit tout ce qui permet d’envisager la création d’un
« langage » d’image-concept et une théorie générale du montage,
révélateurs l’un et l’autre des lois identiques de la réalité et de la pensée.
De son côté Dziga Vertov se fera porte-voix de la nouveauté
et du futurisme. Sa théorie, correspondant au montage de fragments aux
petites unités de sens, souhaite la destruction de toute la tradition pour la
remplacer par une « fabrique des faits », conception radicale du
cinéma s’il en est. Le montage « honnêtement narratif » américain,
mis en théorie par Poudovkine, l’emportera cependant
dans le cinéma mondial.
La théorie du cinéma
formaliste, conduite par Rudolf Arnheim, Béla Balázs, et Siegfried
Kracauer, souligne le fait que
le cinéma diffère de la réalité, et qu’en ceci c’est un véritable art114. Lev Koulechov et Paul Rotha, ont aussi mis en lumière la différence entre cinéma et
réalité et soutiennent l’idée que le cinéma devrait être considéré comme une
forme d’art à part entière112.
Après la Seconde Guerre
mondiale, le critique de cinéma
et théoricien français André Bazin réagit à l’encontre de cette approche du cinéma en
expliquant que l’essence du cinéma réside dans son habileté à reproduire
mécaniquement la réalité et non pas dans sa différence par rapport à la
réalité. Bazin se tourne davantage vers une approche ontologique du cinéma et façonne
ainsi une théorie du cinéma réaliste. L'image cinématographique poursuivrait
l'objectivité de l'image photographique dont le pouvoir est de capter comme
l'essence d'un instant. On retrouvera cette conception à plusieurs reprises et
selon différentes déclinaisons comme chez A. Tarkovski dans Le Temps scellé115 ou en la combinant à la phénoménologie de
Gadamer dans La tentation pornographique de M. Dubost116. Contre Bazin et ses disciples, Jean Mitry élabore la première théorie du signe et de la
signification au cinéma, sans vouloir assimiler, même par analogie, l’image
visuelle et les structures filmiques avec le langage verbal, comme ce sera la
tentation de la sémiologie109 lorsque que, dans les années 1960 et 1970, la théorie du cinéma investira le monde universitaire,
important des concepts depuis des disciplines établies comme la psychanalyse, l’étude des genres, l’anthropologie, la théorie de la
littérature, la sémiotique et la linguistique. La sémiologie du cinéma prendra
diverses formes : psychanalyse, formalisme russe, philosophie déconstructive, narratologie, histoire, etc. Son importance réside dans l’« analyse
textuelle », la recherche dans le détail des structures de fonctionnement
des films109.
À partir des années 1960, se produit un clivage entre la théorie et la pratique
du cinéma. Cette autonomie souhaitée restera toute relative : lorsque,
avec sa « grande syntagmatique du film narratif », Christian Metz se propose, en 1966, de formaliser les codes implicites au fonctionnement du
cinéma, Jean-Luc Godard déconstruit de tels codes à
l’intérieur de ses œuvres. Les années 1980 mettront fin à une époque fertile en théories.
Nanni Moretti, cinéaste fortement influencé par
le cinéma mental
Pendant les années 1990, la révolution du numérique dans les technologies de l’image a eu divers impacts en
matière de théorie cinématographique. D’un point de vue psychanalytique, après
la notion du réel de Jacques Lacan, Slavoj Žižek offrit de nouveaux aspects du
regard extrêmement utilisés dans l’analyse du cinéma contemporain117. Il y a aussi eu une réévaluation historique des modes
de projection, des pratiques et des attitudes des spectateurs des débuts du
cinéma, par Tom Gunning, Miriam Hansen, Maria Koleva et Yuri Tsivian.
Dans le cinéma moderne,
le corps est filmé longuement avant sa mise en action, filmé comme un corps qui
résiste. Chez certains cinéastes, c’est le cerveau qui est mis en scène118. À travers ce mouvement, appelé cinéma mental, on
retrouve une violence extrême, toujours contrôlée par le cerveau119. Par exemple, les premiers films de Benoît Jacquot sont fortement imprégnés par ce
mouvement : les personnages sont repliés sur eux-mêmes, sans
éclaircissement sur leur psychologie90. Jacquot déclarera en 1990, à propos de La Désenchantée : « je fais
des films pour être proche de ceux qui font les films : les acteurs.
Parfois les jeunes metteurs en scène voudraient ériger les acteurs en signe de
leur monde. Je ne cherche pas à montrer mon monde propre. Je cherche bien
davantage à travailler le monde du film. C’est une connerie de dire que
l’acteur rentre dans la peau de son personnage. Ce sont les personnages qui ont
la peau de l’acteur119 ». Plusieurs autres cinéastes, comme André Téchiné, Alain Resnais, Nanni Moretti, Takeshi Kitano ou encore Tim Burton furent influencés par le cinéma mental90.
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